Les réimplanter

Les plantes messicoles peuvent être implantées en milieu agricole ou dans des espaces verts. Les implanter  permet de renforcer des populations existantes, de sensibiliser le public ou de mettre en place des aménagements agroécologiques à vocations paysagère et fonctionnelle.

 

Adaptées aux sols et aux conditions climatiques locales, les plantes messicoles nécessitent moins de soins et d’arrosage que les variétés horticoles et fleurissent dans une vaste gamme de tailles et de couleurs. Leur cohabitation ancestrale avec les insectes les rend plus attractives pour une large variété de pollinisateurs et plus accueillantes pour la biodiversité en général.

A condition d’utiliser des graines d’origine locale garantie !

Un signe de reconnaissance des plantes messicoles sauvages existe désormais. Il garantit la traçabilité des plantes et semences depuis leur région de collecte et de production jusqu’à leur commercialisation. 

  

Implantation de bandes messicoles en Midi-Pyrénées

Des expériences de semis ont été menées dès 2007 en Midi-Pyrénées.

La Fédération départementale des  chasseurs du Gers, en collaboration avec le CBNPMP, a notamment mis en place des bandes expérimentales de messicoles d’origine locale. Les premiers résultats mettent en évidence la faisabilité de ce type de couvert en mélange ou non avec des céréales.

Entre 2007 et 2009, quatre opérations d’implantation ont été mises en œuvre dans le cadre de projets portés par des communes. A Gaillac (81), une friche et un rond-point ont été semés avec des graines de messicoles. La commune de L’Isle-Jourdain (32) a semé en mélange avec du blé, neuf espèces de messicoles sur deux ronds-points. La commune de Gasques (82) a aménagé un espace ensemencé de messicoles. Et la commune de Saint Orens (31) a implanté des bandes dans un espace périurbain en  bordure de parcelle ; sept taxons ont été semés en mélange avec des céréales et en pure. Les opérations ont globalement donné de bons résultats en première année, avec une végétation bien développée.

     

Onze nouvelles opérations d'implantation ont été mises en place entre 2016 et 2017. Ces projets relèvent de collaborations entre le CBNPMP et différents acteurs : la FDC 82, la FDC 46, la régie agricole de la ville de Toulouse, le GIEE Api-Soja 31, la commune de Sempesserre (32) et la commune de Lamontélarié (81). Des méthodes différentes de semis ont été pratiquées. Ces expérimentations confirment la possibilité de semer des plantes messicoles en mélange et démontrent que la technique de semis est adaptable en fonction du matériel agricole disponible. L'intérêt pour les pollinisateurs de ces implantations a également été évalué. Il apparait que plus la quantité de plantes messicoles en fleurs est importante plus le couvert est attractif viv-à-vis des pollinisateurs.

 

Expérimentation de multiplication de graines de plantes messicoles en Midi-Pyrénées

En vue de disposer d’éléments techniques sur la production de graines de plantes messicoles, des essais de cultures monospécifiques ont été mis en place par le Conservatoire Botanique en partenariat avec des agriculteurs volontaires. Les résultats obtenus montrent qu’il est possible de produire des graines de plantes messicoles et permettent au Conservatoire Botanique de fournir des conseils aux agriculteurs souhaitant s’impliquer dans la filière de production de graines de plantes messicoles locales.

 

Pour aller plus loin
Bonneville, R., Saint-Hilaire, K., Brustel, H., Bugnicourt, J., Cambecedes, J., Dejan, S., ... & Soldati, F. (2015). Les jachères Environnement et faune sauvage (JEFS): une opportunité pour la biodiversité de nos campagnes?. Le Courrier de l'environnement de l'INRA, 65(65), 95-110.