Les préserver

La régression des plantes messicoles

Autrefois considérées comme communes, les plantes messicoles ont considérablement régressé depuis le XXe siècle. En France 7 espèces sont considérées comme disparues et 25 autres ont disparu de plus de la moitié des départements où elles étaient connues avant 1970. Leur régression est attribuée aux importants changements de pratiques agricoles opérés en Europe depuis les années 1950.

Le regroupement de parcelles a conduit à la raréfaction des linéaires de bordures, propices à la diversité floristique. Ailleurs, les zones les moins productives sont abandonnées et regagnées par la lande. Afin d'optimiser la productivité, les agriculteurs ont augmenté les apports d'intrants chimiques (engrais azoté et pesticides), facteur le plus directement préjudiciable aux plantes messicoles. La généralisation du labour profond entraine la sélection d’espèces à graines dormantes et à longévité élevée. Enfin, le tri des semences industriel limite fortement le nombre de graines de messicoles réensemencées.

Afin d’éviter la perte de ce patrimoine naturel et des services écologiques associés, la sauvegarde des messicoles est devenue un enjeu important.

Pourquoi préserver les plantes messicoles ?

Stopper la perte de biodiversité
Continuer à bénéficier des services écologiques rendus par les messicoles
Sauvegarder une part de notre patrimoine culturel

Comment préserver les plantes messicoles ?

Un certain nombre d’outils et de solutions techniques peuvent être mobilisés pour alerter, protéger ou inciter à prendre en compte les plantes messicoles.

Un ensemble de pratiques culturales adaptées peut être mis en place par les agriculteurs : rotation privilégiant les céréales d’hiver, réduction ou suppression des herbicides, travail du sol peu profond, apport d’intrants limités.

Les collectivités peuvent aussi infléchir sur leur sort en élaborant des stratégies de développement durable du territoire.

La conservation des plantes messicoles nécessite non seulement de mobiliser des outils, mais aussi d’avoir une approche globale et de mettre en place une animation territoriale. En Midi Pyrénées, le plan régional d’actions en faveur des plantes messicoles, puis le programme Messiflore, ont impliqué des associations naturalistes, des organismes agricoles et des gestionnaires d’espaces.

 

Pour aller plus loin
Fried G., Petit S., Dessaint F., Reboud X., 2009. Arable weed decline in Northern France: Crop edges as refugia for weed conservation ? Biological conservation, N°142: 238-243.
Jauzein, P., 2001. L’appauvrissement floristique des champs cultivés. Dossier de l’environnement de l’INRA, 21, 65-78.
Storkey J., Meyer S., Still K.S., Leuschner C., 2011. The impact of agricultural intensification and land-use change on the European arable flora. The Royal Society, 9 p.